Oratoire de Pieusse

L’oratoire de Pieusse. 

 

En contrebas du village, en bordure de la petite route appelée « traverse de Pomas », se trouve un petit monument de forme carrée. Il attire l’attention car sa présence est inattendue, intemporelle.

Cet édifice isolé d’allure gothique est éventé de chaque côté par de larges ouvertures en ogive qui prennent pratiquement toute la largeur. Érigé avec de belles pierres, il est recouvert de lauzes et les solides piliers se terminent en panache.  Il semble avoir été construit pour abriter la croix de pierre placée en son centre. Sur cette croix, les inscriptions FOVO – JHOS – 1662 et une coquille Saint Jacques sont sculptées en relief.

A ma connaissance, aucun texte, aucun document ne fait mention de la raison de sa construction. Il a été étudié par des érudits, il s’agit d’un oratoire.

En 1893, Me de Lahondes rapporte dans le bulletin de la SESA que les paroissiens s’y rendent pendant les Rogations et le dimanche après la fête de l’Invention de la Croix. Il ajoute que l’ancienne croix a disparue et qu’elle a été remplacée par une croix retirée du cimetière. Il rappelle qu’un tel monument a du être construit pour marquer un événement important ou un fait marquant comme celui de Beaucaire dans le Gard.

 En 1926, Il a été classé dans la liste complémentaire des Monuments Historiques.

 Me Sicard de la SESA, en 1928, rappelle qu’une tradition conservée par les anciens rapporte qu’avant cette croix se trouvait une pierre droite surmontée d’une croix.

Son hypothèse est que cette pierre, vénérée par les locaux a été christianisée pour détourner un culte païen ancien. Plus tard, on a peut être bâti l’édicule et organisé des processions.

Le docteur Boyer, de l’Académie des Arts de Carcassonne, en 1963 nomme ce petit monument, le reposoir de Pieusse. IL n’existe que 3 reposoirs dans le midi : Pieusse, Beaucaire (édifié car le corps de Saint Louis ramené de Tunis a été abrité à cet endroit ) et Pernes (Vaucluse). Il indique que le fait qu’il était utilisé par les moines de l’Abbaye de Saint Hilaire lorsqu’il se rendait en procession à Notre Dame de Marceille est illusoire car le chemin qu’ils suivaient ne passaient pas cet endroit. Par contre, il est plus probable qu’il était utilisé par les pèlerins qui, pour aller à Notre Dame de Marceille devaient passer l’Aude en bac à proximité.

Louis Cros de l’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne, en 1982,  précise, photos à l’appuie qu’à l’origine, la croix se trouvait sur le toit du monument et regrette cette erreur.

© Limoux-aude.com   - Philippe Esperce