PIEUSSE 

 

Le village est bâti sur un petit promontoire au bord de l'Aude, à 3 km environ en amont de Limoux. Personne ne peut mieux que quiconque présenter ce village mieux que Joseph Delteil, l'enfant du pays  dans le premier paragraphe de son livre "la belle Aude".

"La-bas, près de Limoux, il y a un village qu'on appelle Pieusse. C'est ma patrie, ma grande. J'aime Pieusse d'un dur amour (l'amour, ce qui est dur). Une colline, la plus simple du monde, nette et crue, lui sert d'horizon. La rivière d'Aude coule à ses pieds, amoureuse de ses propres rives. La plaine est poreuse, attirante et secrète comme une épouse. Rien de plus ardent qu'une souche, si ce n'est son fils le vin. Des peupliers pareils à des lances traversent le territoire de part en part. Tout se noue dans l'unité du soleil. Les choses sont crochues, aptes à l'attachement, avides de contacts et de chocs. La main de l'homme reflète sur les champs ailés, les odeurs végétales s'accrochent à la narine des bêtes avec une brûlante énergie. Dans chaque fille il y a matière à mille chaleur. Dans chaque coeur il y a un univers de battements. Ah ! passion, passion, rien de grand ne se fera jamais sans toi, ni rien de beau ! Mais la véritable passion est calme, dure et calme comme la colline de Pieusse."

        L'église paroissiale est dédiée à Saint Genès. Le bâtiment actuel date du XIVe siècle. Le clocher présente une particularité puisqu'il est de forme triangulaire. A l'intérieur,  elle abrite un magnifique orgue Cavaillé-Coll et on peut observer des peintures murales qui ornent les murs.

        Pieusse appartenait à l'Archevêque de Narbonne et formait une baronnie avec Alaigne et Routier. Le fait historique le plus important de l'histoire de Pieusse est qu'un important concile cathare s’y est tenu en 1226. Au cours de l’assemblée, réunie autour de Guilhabert de Castres, l’Evêché du Razès vit le jour et Benoît de Terme nommé Évêque.