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Carnaval à Limoux, déjà en 1605 !
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- Catégorie : le carnaval de Limoux
- Publié le Lundi, 26 Septembre 2011 21:07
- Écrit par Super Utilisateur
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Du rififi pendant le carnaval à Limoux .. en 1605
Ce texte est l'un des plus anciens qui donne trace de la présence de carnaval à Limoux. Sans être nommée, on devine, à travers les dires du témoin Pierre SALVAT, fabricant de chaussures dans cette ville, que les évènements se déroule pendant la période de carnaval de Limoux.
Pierre Salvat, chaussatier de Limoux, agé comme dit de trente six ans ou environ, moyennant serment par lui prêté aux saints Evangiles interrogé sur le contenu de la dite requete et procès verbal lui entendant dit qu'hier dix de mars, il était sous le couvert de la place de Limoux, il vit deux troupes dansant sur le dit couvert, les uns avec un violon, les autres avec un tambour de Suisse, sonné par un tisseur de laine de limoux, tellement que les deux troupes dansant sur le dit couvert, les uns avec un violon et les autres avec un tambour se mélèrent ensemble et se commencèrent à mutiner et à venir aux mains en se poussant les uns aux autres ; tellement que voyant ce désordre et qu'il était en danger de porter scandale il alla dire aux Sieurs Claude TRUILLET et Barthélèmy BARRIERE, consuls, pour les prier de venir mettre ordre et appaiser cette discussion, tellement que tout aussitôt les SIeurs TRUILLET, BARRIERE, BERGER et NAVARRE consuls, s'assemblèrent et allèrent au couvert où ils trouvèrent les danses s'entrebâtre, et ne pouvant appaiser leur différent, ils firent commandement de laisser la danse et de se retirer et aux dits violons et tambour de ne sonner plus tellement que par ce moyen ils mirent fin à ce différent.
Mais, s'étant retirés, retournèrent entrer en différent et non obstant les inhibitions faites par les consuls, au mépris de leur autorité, le dit violon retourne sonner, et ceux du tambour voulurent faire de même et voulurent entrer en contestation plus grande, tellement que les Sieurs TRUILLET, BERGER et BARRIERE retournèrent au couvert, portant leurs livrées consulaires en costumes. A l'instant, le dit NAVARRE, consul, voyant que les dits marchands leur fesaient de cesser la danse, il saisit le violon prisonnier et le voulait conduire à la prison pour le mépris du commandement qui lui avait été fait.
Messire Samuel d'AZAM viguier se trouva au couvert ; lequel, dit aux Sieur consuls qu'il ne permettrait pas qu'ils menacent le dit baron en prison parce qu'il lui avait donné permission de sonner et aux dits marchands de danser. Lequel viguier était assisté de Mr Jacques d'AZAM, Jean MAURIAC, Charles HULEAU docteurs, Jean TORNAIRE, Adrien PIROARD, ARnaud DUPUIS, François BONNAFOUS, Jacques SEYRE, Bernard GUIZARD, lesquels disaient aux consuls qu'ils ne méneraient point prisonnier le dit Baron et qu'ils les empecheraient.
Sur quoi, les consuls remontèrent au dit viguier qu'ils auraient saisi le violon prisonnier à cause de débats qui étaient survenus entre les marchands dansant et pour éviter un grand scandale, et que le Baron n'avait tenu compte du commandement qui lui aurait été fait de cesser, ayant, les dits consuls, comme juges criminels et de la police d'icelle ville autorité et commandement sur tous les habitants d'icelle et de faire cesser les désordres qui en venaient et de faire cesser les dites danses et que le dit viguier ne s'en peut même et qu'il ne peut faire empêcher les dits emprisonnements, ayant obtenu cette autorité du Parlement de Toulouse par arrêt.
Tellement que le dit viguier disait que cela lui appartenait et que, non obstant les défenses des consuls, le dit violon sonnerait. Les empêchant de mettre en prison ; comme aussi les dits Sieurs AZAM, MAURIAC, HULLEAU, TORNAIRE, PIROARD, DUPUIS, SEYRE, BONNAFOUS, GUIZARD et autres habitants dessus nommés firent tous les efforts d'oter aux dits consuls le dit Baron prisonnier, lequel par ce moyen s'évada, poussant les consuls, leur disant qu'en dépit d'eux le violon sonnerait, usant de plusieurs menaces et paroles de mépris contre eux.
Sur quoi les consuls leur commandèrent de se retirer, mais ils leur dirent qu'ils ne les craignaient, respectaient ni reconnaissaient aucunement, tellement que plusieurs habitants en grand nombre entendirent ce débat, voyant vilipender les consuls et leur autorité et s'assemblèrent au couvert pour les assister, et sans la sagesse et prudence des consuls, il y pensa y avoir une grande mutination, lesquels tachèrent d'apaiser la contestation et même prièrent le dit viguier AZAM de se retirer étant la cause de tout ce différent, lui offrant l'accompagner comme de fait tout incontinent le dit Sieur TRUILLET et François PUJOL, consuls qui se trouva pour lors au couvert et allèrent accompagner le dit viguier jusqu'à sa maison.
Etant retournés au couvert pour faire retirer tous les habitants, ils trouvèrent que MAURIAC AZAM HULEAU TORNAIRE DUPUIS, PIROARD SEYRE GUIZARD BONNAFOUS et François BAUX, portant leurs épées,qui s'étaient emparés de Barthélèmy BARRIERE consul l'ayant fait prisonnier et le menaçaient de le mener en prison, le tenant, le Sieur MAURIAC par le collet et les autres l'assistant, faisant des efforts de lui retirer la livrée consulaire, tellement que le Sieur BARRIERE cria aide et secours pour ce que on l'avait fait prisonnier sous la livrée consulaire ; tellement que sans l'assistance que les autres consuls et les habitants lui donnèrent, qui le dessaisissent des mains des susdits, ils auraient offensés gravement le Sieur BARRIERE, consul, usant le dit TORNAIRE de plusieurs reneds et blasphèmes du nom de Dieu, disant qu'il ne craignait les consuls ni ne les reconnaissait aucunement.
Tellement que les consuls furent contraints de se saisir de TORNAIRE et de le faire prisonnier, mais après lui avoir remontré d'être plus sage, ils le laissèrent aller et ayant apaisé tous les habitants qui étaient en grande rumeur et fait retiré les opposants qui étaient en grande rumeur, se retira comme les autres ...
Soussigné SALVAT Pierre
La crémation
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- Catégorie : le carnaval de Limoux
- Publié le Lundi, 26 Septembre 2011 21:05
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La crémation, appelée également la nuit de la Blanquette, a lieu le dernier dimanche de carnaval.
Du début du carnaval de Limoux, c'est à dire depuis la sortie des meuniers, jusqu'au dernier dimanche, un mannequin est exposé sur la place de la République : c'est Sa Majesté Carnaval. Son règne dure toute la durée du carnaval, c'est à dire 10 semaines. Sa majesté Carnaval représente en fait tous les carnavaliers et le dernier dimanche vient le moment de juger tous les abus et les excès de chacun.
La Crémation, appelée également "la petite mort de Carnaval" est le moint culminant de ces 10 semaines de fêtes.
Ce ne sont que les bandes du comité qui participent à cet honneur. Chaque bande ne brûle carnaval que tous les dix ans.
Le dernier dimanche se déroule de la manière suivante :
Les trois sorties s'exécutent normalement, il y a juste les costumes qui peuvent changer car les bandes en profitent pour changer leurs costumes.
A la fin de la sortie de 22 heures, la foule et les carnavaliers se réunissent sur la place de la République pour procéder au jugement. Le jugement est dit en occitan. Un bûcher est placé au centre de la place avec sa Majesté Carnaval que l'on brûle.
Les membres de la bande ainsi que les goudils forment une ronde tout autour du feu pour danser sur la musique spécifique à ce moment là et qui est intitulée " Pauré Carnaval". Tous les carnavaliers jettent leurs carabènes et parfois leur maque en hommage à Sa Majesté.
"Pauré Carnaval" est un air sur deux rythmes totalement différents : un air lent et un air rapide. Quand le rapide est joué, les carnavaliers se tiennent les mains et tournent autour du bûcher en sautant : c'est la farandole. Par contre, quand c'est l'air lent, ils s'agenouillent en effectuant un mouvement de bascule avant/arrière pour pleurer la mort de la Sa Majesté carnaval et donc la fin de l'année carnavalesque.
Le Carnaval de Limoux reviendra l'an que ven.
© Limoux-aude.com - Virginie fages
Sources principales :
D Fabre et Ch Camberoque : " La fête en Languedoc".
G Chaluleau " Le Carnaval de Limoux".
Le fonctionement des bandes
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- Catégorie : le carnaval de Limoux
- Publié le Lundi, 26 Septembre 2011 20:58
- Écrit par Super Utilisateur
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Une bande de Carnaval de Limoux est composée de carnavaliers. Chaque bande possède son propre costume, ses couleurs et son règlement interne.
Les bandes membres du Comité de Carnaval :
En 1946, un comité carnavalesque est improvisé avec trois ou quatre sorties pour Mardi-Gras. Mais ce n'est qu'en 1957 qu'une commission spéciale carnaval apparaît composée de trois bandes. Chaque année, des sorties se rajoutent. En 1974, elles sont au nombre de dix, ce qui est le maximum, car le nombre de sorties est limité au nombre de dimanche entre Épiphanie et le mercredi des Cendres.
Les bandes du comité du varnaval de Limoux sont : L'Aragou, les Arcadiens, les Blanquetiers, las fennas, Monte-Christo, le Paradou, le Pont-Vieux, le Tivoli, les Aïssables, les Anciens.
Les bandes hors comité :
Certaines bandes se sont crées pour montrer leur désaccord avec le fonctionnement du comité de carnaval. D'autres, n'ayant plus de place dans le comité, ont décidé de sortir le samedi.
Parmi ces bandes : Les Infialurs d'Achille, les Bronzinaïres, les Pitchouns, las Coudenos, les Pebradous, les Estabousits, les Maïnatches, les Remenils, les Estrangers, las Piotos, les Droles, les Encantados, los Copins...
Il faut préciser que chaque bande possède son propre président. Au sein des bandes, tous le milieux se mêlent. Les bandes peuvent être mixtes ou réservées aux hommes ou aux femmes exclusivement.
Les bandes de musiciens
Les bandes de musiciens sont trop peu souvent mises en valeur. Pourtant, la musique est un des piliers du carnaval de Limoux car elle permet aux carnavaliers de progresser de café en café.
La bande la plus connue est "la bande à Philippe" : Ce sont 14 musiciens qui accompagnent toutes les bandes du comité. Cette troupe est composée de cinq trompettes, deux clarinettes, deux trombones, un baryton, deux hélicons, une caisse claire et une grosse caisse. Ils sont tous habillés de la même façon : une blouse bleue avec un foulard rouge noué autour du cou et un grand chapeau noir.
La bande à Philippe a pour origine Philippe Bernard, le fondateur. Tous les musiciens sont originaires du Limouxin ou des environs.
Une autre bande de musiciens accompagnent des bandes du samedi, ce sont les blanquetaïres.
Les musiciens sont rémunérés pour leur prestation contrairement aux carnavaliers de la bande qui eux, payent la musique.
La musique quant à elle est tirée d'airs parfois d'opéras et d'opérettes de la fin du XIXème dont les paroles ont été modifiées. Il existe 80 airs de carnaval différents. Les compositeurs locaux se sont inspirés d'anecdotes et de personnages qui ont marqués la vie locale ; Les prunes, Tisto, le limouxin, Mondy 1 et 2, Alibert 1 et 2, Minou. Certains airs ont été créés par des musiciens de carnaval : le Trombone répliqueur, la Pascaline, la garo, Guillemer, la Poma, l'adjudant.... En 2007, à travers Alibert 1, le comité du carnaval de Limoux a voulu honorer l'ensemble des musiciens et des compositeurs d'airs folkloriques du carnaval.
Le fonctionnement du calendrier
Le carnaval se déroule entre l'épiphanie et le mercredi des Cendres selon un calendrier bien défini. Les différentes bandes composées en moyenne d'une dizaine de personnes, préparent les sorties de longs mois à l'avance en organisant des réunions.
Les bandes du samedi sortent toujours le même samedi chaque année.
Mais les bandes du comité effectuent un roulement sur les dimanche de la saison carnavalesque. Si une bande sort une année le troisième dimanche, l'année suivante, elle sortira le quatrième dimanche afin que chaque bande ait l'honneur une année de sortir la nuit de la blanquette, c'est à dire la nuit de la crémation de sa Majesté Carnaval, tous les 10 ans.
© Limoux-aude.com - Virginie Fages
Sources principales :
D Fabre et Ch Camberoque : " La fête en Languedoc".
G Chaluleau " Le Carnaval de Limoux".
A Boyer : " Carnaval de Limoux" dans Escrits al mieu Païs.
Les commandements du carnavalier
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- Catégorie : le carnaval de Limoux
- Publié le Lundi, 26 Septembre 2011 21:01
- Écrit par Super Utilisateur
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Le carnaval de Limoux possède certains principes que tout carnavalier doit toujours avoir en tête.
"Bien masqué tu seras, portant de beaux escarpins et gants fins"
"Sous ton masque se trouvera, cagoule immanquablement".
" A ton épaule ne prendra point de besace, naturellement".
"A 11 heurs, 17 heures, 22 heures tu choisiras, air de folklore pour ce moment là."
"Au départ tu retiendras la musique bien sagement, car les premiers pas tu feras, sur le seuil du café majestueusement".
"D'un café à l'autre tu danseras, sans bousculade et énervement".
"Ni vite, ni lentement, vingt minutes suffiront largement".
"La musique tu méneras, avec amour dévotement. Pour celà faire, ne chineras, mais intrigueras tout simplement."
"A l'arrivée seul tu imposeras, à la musique ton mouvement. Et l'arrêt ne se fera que sur ton commandement".
"Ainsi, fier tu seras d'avoir vécu tous ces moments. Mais ton visage ne découvriras, que dans l'intimité seulement."
L'origine des fécos
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- Catégorie : le carnaval de Limoux
- Publié le Lundi, 26 Septembre 2011 20:35
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L'origine des Fécos de Limoux.
Deux théories s'affrontent concernant l'origine du Fécos.
La théorie de la Partie des meuniers. Pour les uns, Limoux et sa région comptaient de nombreux moulins le long de l'Aude occupés en permanence à moudre les céréales pour les besoins de la région mais surtout pour le commerce avec l'Espagne. Portés à dos de mulets jusqu'au Col de saint Louis, les espagnols payaient la farine généreusement et au retour les meuniers fêtaient l'événement en portant postillon, fouet et sac de farine et en assaillant à coup de farine toutes les personnes qu'ils croisaient à leur passage.
Pour d'autres, il s'agit d'une danse à mouster. Pendant les vendanges, lorsqu'on foulait les raisins avec les pieds, le travail était tellement pénible que les travailleurs se donnaient du courage en chantant et en dansant. Le rythme de la chanson donnait celui du martèlement du raisin avec les pieds. Avec la fatigue, le rythme devient plus lent et les bras font office de balanciers pour faire naître avec le temps le rythme et les airs des Fécos.
.... et celle que je vous propose. Nous savons que les bandes de carnaval sont organisées depuis longtemps par groupes d'affinité qui sont souvent les corps de métiers ou le quartier de la ville. Ce qui, finalement, revenait à la même chose si l'on considère qu'autrefois les gens d'un même métier habitaient une même rue. Ils étaient solidaires et se regroupaient entre eux en organisation d'intérêts. Les conflits d'influence devaient se faire sentir, et les animosités entre les corporations logiquement existantes et le sentiment corporatiste prononcé. La satire étant le propre du carnaval, pourquoi ne s'agirait-il pas des meuniers, qui imitaient satiriquement les vignerons qui n'avaient que leurs pieds pour écraser le raisin alors qu'eux possédaient des machines performantes de l'époque pour presser le grain.

