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Espéraza, la cité industrielle
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- Catégorie : Espéraza
- Publié le Dimanche, 09 Octobre 2011 20:59
- Écrit par Super Utilisateur
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Espéraza était une cité industrielle importante.
C'est à cette époque que l'industrie du chapeau prit son essor. Déjà, vers 1820, sans doute attirés par la proximité des eaux de l'Aude nécessaires au nettoyage de la laine, nombre d'artisans qui avaient commencés cette activité dans la région de Bugarach se sont fixés à Espéraza. Lentement, les techniques de fabrication s'améliorent mais l'industrie, en concurrence sur le site avec la tannerie et la mégisserie, végète à cause principalement de la difficulté d'écoulement de la marchandise et d'approvisionnement en matière première. Les productions locales en laine ne suffisent pas à alimenter les ateliers.
Encore une fois, le chemin de fer, favorisant les transactions et ouvrant de nouveaux débouchés, joue un rôle déterminant dans le paysage industriel local. La production de chapeaux, grâce à qualité du produit fini, augmente si vite que la chapellerie absorbe la main d'oeuvre de toutes les autres activités. Les tanneries et les mégisseries disparaissent faute de personnel qui préfère ce travail mieux rémunéré.
Vers 1900, le travail s'organise, des artisans se regroupent, des hommes nouveaux s'installent et les ateliers deviennent des usines importantes. Grâce aux progrès qui s'accentuent, à l'emploi des meilleurs artisans de France, un dynamisme commercial exemplaire et une étonnante réactivité, le chapeau d'Espéraza acquière vite une réputation mondiale.
Pour satisfaire la demande, certaines usines quintuplent leurs rendement et la laine arrive d'Amérique du Sud, d'Afrique du Sud et d'Australie. En 1930, Espéraza est le premier centre français et le deuxième centre mondial de l'industrie du chapeau derrière Monza en Italie. Les 16 usines emploient 1500 ouvriers qui fabriquent alors 24 millions de chapeaux et de cloches dont 9 millions sont exportés !
Mais la chapellerie a été victime d'un phénomène de mode. L'encombrant chapeau est délaissé par les conducteurs de voitures qui le délaissent au profit de la casquette. C'est un cataclysme économique pour cette cité industrielle. Aujourd'hui, il ne reste aujourd'hui que le musée de la chapellerie qui retrace toute l'histoire de ce glorieux passé industriel.
Dans la seconde moitié du 20e siècle, la cité de tradition ouvrière va tenter de se reconvertir dans la fabrication de la chaussure, d'isolants et de matière plastique. Aujourd'hui, il ne reste plus aucune activité industrielle à Espéraza.
© Limoux-aude.com - Philippe Esperce

